Pré-histoire

Bien avant d’être définie et de se voir attribuer un nom, ce qu’on appelle aujourd’hui « la médiation par l’animal » était déjà en gestation dans l’utilisation, en toute conscience ou non, par des individus divers, professionnels de la santé ou non, à leur propre bénéfice ou au bénéfice d’un autre individu, d’animaux divers dans différents types de situations qui sont reconnues maintenant comme des expériences réussies d’interaction homme/animal ayant abouti à un mieux pour l’homme.

  • Au IXe Siècle, à Gheel, en Belgique, on confie des oiseaux à certains malades, ce qui semblent être bénéfique à leur convalescence.
  • Au XVIIe Siècle, Louis XIII timide et bègue, qui se voulait toujours accompagné de ses chiens, y compris lors de rencontres politiques.
  • On trouve des traces de thérapie par l’animal dans le mouvement philanthropique en Angleterre à la fin du XVIIIéme siècle et au début du XIXème Siècle.
  • William Tuke (1732-1822, philanthrope, humaniste et quaker anglais) fonde en 1796 l’institut « La Retraite » à York (York Retreat). Cette fondation intervient suite au décès, en 1791 d’une patiente de l’asile d’aliénés de York, veuve de Quaker, qui y aurait subi des mauvais traitements pendant son séjour, même si ceux-ci ne seraient pas à l’origine du décès. Révolté par les conditions de vie, en vigueur dans divers établissements, des malades où ils sont attachés, parfois nus, au mur, il travaille au sein de cet institut, à l’amélioration du traitement et des soins des malades mentaux par le biais d’un certain nombre de nouvelles méthodes plus « douces ». Déjà son prédécesseur William Battie (1703-1776) avait fondé l’Hôpital Saint-Luc à Londres, où il promeut le traitement moral pour soigner les aliénés, changeant ainsi la vision sur les malades mentaux. W. Tuke observe notamment qu’en proposant aux malades mentaux de s’occuper d’animaux, ils peuvent se concentrer et se responsabiliser. Il introduit ainsi des lapins et des volailles afin de diminuer les tensions et désordres entre les patients. La conjoncture est émise qu’en se sentant responsables des animaux, ils deviennent aussi responsables d’eux-mêmes. « C’était à cette époque un très grand pas en avant pour ce que l’on appelle aujourd’hui une relation positive animal-humain- appelée en Amérique du Nord zoothérapie – mais il fallut attendre les années 1950 pour parler de la naissance de la zoothérapie ».
  • Florence Nightingale (1820-1910), infirmière pionnière dans les soins infirmiers modernes ainsi que dans l’utilisation des statistiques dans le domaine de la santé, durant la Guerre de Crimée (1854-1858), a gardé une tortue en vue d’améliorer la qualité de vie des patients, en ayant remarqué, pour avoir observé le comportement des animaux depuis son enfance, que par sa présence, l’animal diminuait l’anxiété des patients et les réconfortait.
  • En 1860, l’Hôpital de Bethlem en Angleterre introduit des animaux auprès des patients, ce qui a pour effet d’influencer grandement leur moral.
  • En 1867, à l’institut Bethel de Bielefeld en Allemagne, on a d’abord proposé à des personnes épileptiques, puis à des personnes souffrant de troubles mentaux et d’incapacités physiques, des activités à la ferme, faisant intervenir chevaux, chats, chiens, oiseaux.
  • En 1919, juste après la Première Guerre mondiale, une autre utilisation thérapeutique des animaux est recensée à l’Hôpital Ste-Elizabeth ( Pawling Army Air Force convalescent Hospital ) de New York : des chiens sont utilisés comme aide à la thérapie pour aider des soldats traumatisés.

Cette liste d’exemples reconnus et cités dans différents écrits contemporains et publications sur le sujet sont aujourd’hui qualifiés de mal documentés ou peu documentés, en tout cas, pas documentés suivant les usages et cachent sans doute d’autres situations de la vie où l’animal joue un rôle salvateur auprès de l’humain.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close